Quel âge aurait votre animal s'il était un humain?

Avant d’adopter un chien, posez-vous les bonnes questions.

Il est beau et adorable. Vous l’imaginez déjà occuper une place de choix dans votre foyer. Si vous avez des enfants, il sera leur fidèle gardien en plus d’être leur compagnon de jeu les jours de congé et pendant les vacances. Pour vous-même, il sera un ami, une présence, un être auquel vous vous attacherez. Oui, ce petit canin à quatre pattes que vous avez envie d’adopter vous inspire de beaux projets.

Mais ce chiot est surtout un être vivant : il bouge, mange, s’exprime. Très souvent, aussi, il est imprévisible. Il n’y a pas de bouton on/off pour le mettre en marche ou l’arrêter.

Nous avons demandé à Dre Mélanie Mireault, de l’Hôpital Vétérinaire St-Jean, quels conseils elle avait à offrir à ceux et celles qui désirent adopter un chien. À son avis, ils devraient, dès le départ, se poser ces questions : « Pourquoi ? Est-ce que ça répond à un besoin ? » Dans certains cas, il répondra à un besoin de protection. Dans d’autres, il jouera le rôle de compagnon. Voulez-vous un chien qui occupera une place entière au sein de la famille ? Le choix devra se faire en conséquence. Vous devrez aussi vous poser cette question absolument fondamentale : « Ai-je le temps d’avoir un chien ? »

Elle nous raconte cette anecdote : « Un jour, des amis à moi voulaient absolument avoir un chien. Comme je considérais qu’ils n’avaient pas le temps d’en avoir un, je leur ai proposé d’être famille d’accueil pendant quelques semaines. Je leur ai dit : “Vous verrez ce que ça représente comme charge de travail.” »

L’une des choses qu’elle conseille aux gens, c’est de vraiment déterminer ce qu’ils feraient avec le chien au quotidien. « Allez-vous vous promener et courir avec lui ? Va-t-il rester dans la cour ? Est-ce que ce sera un chien d’appartement ? »

N’hésitez pas à parler avec un vétérinaire avant de prendre la décision d’adopter un chien, recommande-t-elle, afin d’avoir une idée précise de ses besoins à venir. Adopterez-vous un chien adulte, un chiot ? « Si c’est un bébé, même si on connaît ça et qu’on a déjà eu beaucoup de chiens, on devrait suivre des cours de maternelle avec lui. Comme les bambins qui se familiarisent avec d’autres de son âge à la garderie, le chiot a besoin d’une vie sociale à un très jeune âge. Chaque chien doit être considéré comme unique. C’est un individu. »

Ensuite, il faut accorder beaucoup de temps d’éducation à travers toutes les activités de la journée. Avant chaque interaction, il faut guider le chien dans sa vie en société. Lui faire connaître les règles. Et comme les humains, il apprend à force de répéter. Il faut être patient ! « C’est souvent plus facile avec un chiot, nous dit Dre Mireault, parce qu’il a un “disque dur” vierge. Il n’a pas le bagage de règles qu’il aurait apprises dans une autre famille. »

Adopter un chiot peut aussi coûter plus cher qu’adopter un chien adulte. « Avec un chiot, il y a un peu plus de sous à débourser. Il faut s’équiper en double, voire en triple. On achète une laisse, une plus grosse laisse, un harnais, un plus gros harnais… Il y a plus de vaccins, plus de visites chez le vétérinaire, la stérilisation, etc. Il faut prévoir plus de dépenses. »

Un chiot ou un chien adulte ?

Si vous avez de jeunes enfants, il serait peut-être plus avantageux pour vous d’adopter un chiot qui grandira avec eux. Il s’habituera aux sons et aux bruits de la maison. Il n’aura pas, contrairement à un chien adulte, à s’y adapter. Toutefois, les statistiques actuelles indiquent que sur quatre chiots d’un an ou moins qu’on adopte, trois seront relocalisés. Leurs nouveaux « parents » n’en voudront plus. Ils ne savaient pas à quoi s’attendre, n’étaient pas préparés. Ils étaient mal informés. Et vous ?

Avant d’adopter un chiot (ou un chien adulte), répétons-le, il vous est recommandé de vous adresser à un professionnel. Un vétérinaire. Éventuellement, il pourra, selon le cas, vous recommander de bonnes ressources dont il reconnaît la compétence et le professionnalisme. Des spécialistes du comportement animal, par exemple.

Si vous songez à adopter un chien adulte, « c’est un beau geste », dit Dre Mireault, et si vous avez des connaissances et un peu plus d’expérience, il est sans doute préférable pour vous d’adopter un chien adulte : « Contrairement au chiot, il est déjà tout “modelé”. Vous connaissez déjà sa personnalité, elle ne changera pas. Vous savez déjà, en l’adoptant, quelles exigences il aura et quels défis d’adaptation il devra relever dans sa nouvelle famille. »

Le chien adulte a reçu une éducation probablement un peu différente de celle que vous auriez donnée à un chiot. Les règles de votre maisonnée ne sont peut-être pas celles de son ancien foyer. Par exemple, il lui était peut-être permis de se coucher sur le divan dans son ancienne maison, mais pas dans la vôtre. Il devra les apprendre tout en « désapprenant » certaines des anciennes règles auxquelles il a été soumis dans la première phase de sa vie. Cette rééducation pourrait être une difficulté pour vous.

La taille du chien

Certains chiens sont gigantesques, d’autres ne sont pas plus gros qu’un lapin. Votre maison (ou votre voiture) est-elle assez grande pour accueillir un Saint-Bernard ? Vivez-vous en ville ou à la campagne ? Certains chiens, par leur bagage génétique, ont besoin de courir tous les jours. Si vous les « enfermez » dans un studio ou un tout petit logement du centre-ville, ils risquent fort d’être malheureux et de la manifester dans leurs comportements. « L’une de mes clientes, dit Dre Mireault, a trois danois, mais elle conduit une petite voiture urbaine. Il lui est impossible de prendre un rendez-vous pour ses trois chiens en même temps ! »

Combien ça coûte ?

En ce qui concerne les coûts, un chien adulte entraîne généralement moins de frais, les dépenses initiales associées à celles d’un chiot ayant déjà été faites. Et puisqu’il a arrêté de grandir, il ne sera pas nécessaire d’acheter plusieurs harnais ou de modifier son alimentation. En fait, c’est plus simple. Par ailleurs, étant adulte, il est, comme les humains, plus mature, donc moins excité : les phases de l’enfance et de l’adolescence sont derrière lui.

Au Royaume-Uni, les animaux sont assurés dans environ 80 % des foyers. Aux États-Unis, ce serait de l’ordre de 10 %, et au Québec, beaucoup moins. Pourtant, l’assurance peut être fort avantageuse pour les propriétaires de chiens. Accident ? Maladie ? En réservant une somme fixe dans son budget mensuel, on a l’esprit en paix. À cela, bien sûr, il faut ajouter d’autres dépenses, telles que la nourriture, les accessoires, le toilettage, la pension, le permis municipal, etc.

L’AMVQ publie sur son site, sous l’onglet Public au bas de la page d’accueil, différents tableaux indiquant les coûts d’entretien des chiens, des chats et d’autres animaux de compagnie. Visitez le site de l'AMVQ.

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